Document d'Information Communal sur les Risques Majeurs

Le Code Général des Collectivités Territoriales impose désormais aux maires des responsabilités en termes de sécurité et de mesures de sauvegarde. Dans ce cadre, les municipalités ont le devoir d’élaborer un Plan Communal de Sauvegarde (PCS), un outil réalisé, sous la responsabilité du  maire, pour planifier les actions des acteurs communaux de la gestion du risque (élus, agents municipaux, bénévoles, entreprises partenaires) en cas d'évènements majeurs naturels, technologiques ou sanitaires. Un volet de cette action vise l'information préventive et la protection de la population, à travers notamment le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM).

Ce document, dont la version papier vous sera prochainement distribuée, est maintenant en ligne. Il vise à recenser et organiser tous les moyens nécessaires à la mise en sécurité des habitants de la commune en cas d’évènements pouvant impliquer une alerte, une évacuation ou un confinement, ou bien encore la mise en place d’un hébergement d’urgence ou d’un ravitaillement, etc.

Comme chacun le sait, notre commune, largement dominée par la forêt et la garrigue, également marquée par une aridité et une sécheresse croissantes, est particulièrement exposée au risque incendie. Elle a d’ailleurs subi plusieurs feux d’envergure, notamment en 1976 (où plus de 200 ha ont été détruits sur le territoire communal) et en 1981 (avec un incendie qui s’est soldé par la tragique disparition d’un sapeur-pompier, le Lieutenant Gourbault, dans la Forêt du Réart). Cette exposition accrue au risque incendie a conduit les services préfectoraux à prescrire, dès 2007, un Plan de Prévention du Risque Incendie de Forêts (PPRif). Il est donc essentiel pour chacun d’entre nous d’apprendre à tenir compte de ce risque et à vivre avec, en adoptant les réflexes et comportements de base pour savoir y faire face.

Le DICRIM, obligatoire pour toutes les communes soumises à un plan de prévention, ne se veut ni alarmiste, ni anxiogène, mais simple outil pratique et pédagogique, permettant à tous, petits et grands, de se préparer, dans le calme et la sérénité, afin d’être prêts à faire face à n’importe quel risque naturel ou technologique qui pourrait advenir dans notre commune.

Bonne lecture !

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Risque incendie

Le risque incendie, un souci de tous les jours

 En 1976, un gigantesque incendie a ravagé les Aspres. Parti de la décharge de Corbère-les-Cabanes, attisé par une forte tramontane conjuguée à une grande sécheresse, pendant plus de 60 heures consécutives, le feu a dévasté près de 8 000 hectares.

  A Tordères, il a frôlé le coeur du village et il a emporté 200 hectares sous les yeux des habitants affolés, tandis qu'il anéantissait 2 000 hectares à Caixas, 940 à Montauriol, 485 à Llauro, 405 à Oms, 560 à Vivès, etc.

  Les populations locales ont parfois dû être déplacées, plusieurs mas ont brûlé, et une quantité innombrable d'animaux sauvages ont disparu dans cette effroyable boule de feu (on a même vu des lapins ou des oiseaux embrasés fuyant et semant le feu sur leur passage).

  Les Aspres avaient déjà gravement brûlé en 1949 et en 1966, mais c'est bien le feu de 1976 qui a le plus marqué les esprits et provoqué une prise de conscience des politiques. On peut affirmer qu'il a été le déclencheur d'une politique de défense incendie plus engagée dans l'ensemble du département et, plus généralement, dans l'arc méditerranéen.

  Dans les Aspres, 31 communes ont décidé de se réunir pour lutter ensemble contre les feux de forêt. C'est ainsi qu'est né le Secteur d'Intervention Prioritaire des Aspres qui, depuis trente ans et en partenariat avec l'Etat, réalise des aménagements de lutte et de prévention contre l'incendie.


Plan de situation du SIP des Aspres :


  Le territoire des Aspres est enclavé : s’il est relativement rapide d’accéder à sa périphérie depuis les principales villes du département, la circulation à l ’intérieur du massif est relativement difficile.

  Le massif est constitué de nombreux villages et d'habitats isolés (beaucoup de mas ou de villas).

 

  L’activité industrielle et commerciale se situe dans la plaine du Roussillon ou à proximité des grands axes. Le reste de l’activité est majoritairement agricole (40%) mais le développement démographique de ce territoire et son attractivité implique l’extension de l’urbanisation à travers l’ouverture de nouvelles zones urbanisables.

 Par une pression d’urbanisation et une déprise agricole de plus en plus forte, l’habitat se retrouve au contact de la forêt. Cette promiscuité entre les espaces naturels et les activités humaines induit un risque d’incendie plus élevé mais aussi une vulnérabilité beaucoup plus importante.


L'agro-pastoralisme, un moyen de lutte efficace contre l'incendie

 

  En 1988, à l'occasion de la mise sous tutelle du plus gros propriétaire de la commune, M. Noé, maire de la commune, a pris l'initiative de créer avec le concours de l'Etat et en partenariat avec M. et Mme Mathis, les éleveurs locaux, une Association Foncière Pastorale (AFP).

  Une AFP est un regroupement de propriétaires de terrains constitué sur un périmètre agro-pastoral et accessoirement forestier, dans le but d’assurer ou de faire assurer la mise en valeur et la gestion des fonds inclus dans le périmètre constitué. Face à la complexité foncière, au multi-usage et aux diverses pressions qui s’exercent sur l’espace montagnard, l’AFP constitue un outil unique pour la gestion intégrée de l’espace pastoral et forestier, mais aussi pour la gestion de l’eau, de l’environnement de la fréquentation touristique et de la prévention incendie. L’AFP constitue également un cadre adapté pour l’installation agricole en zone difficile.

  A Tordères, l'AFP concerne 245 parcelles appartenant à 88 propriétaires, soit plus de 369 hectares dont 52 appartiennent à la commune de Tordères.

  Dès 1988, un bail pastoral (toujours en cours) a été conclu entre l'AFP et ces éleveurs. Parallèlement, un contrat a été signé entre les éleveurs et l'Etat, mettant en oeuvre des Mesures Agro-Environnementales Territorialisées (MAET) et portant sur la défense incendie, avec la mise en place d'un cahier des charges concernant le pacage des ovins, l'entretien mécanique de deux pare-feu, l'un au nord et l'autre au sud de la commune.

  La coupure nord, situé sur les parcelles du Serrat d'En Recourt, le long d'une ligne de crête, a pour objectif de protéger le village et le massif. On y trouve deux pistes DFCI (Défense de la Forêt Contre l'Incendie). On y trouve également un parc de 30 hectares abritant des chèvres débroussailleuses. afin de garantir une meilleure défense incendie dans la suberaie.

  La coupure sud borde quant à elle la D615 qui mène à Llauro et longe la Forêt du Réart en la protégeant, ainsi que les habitations qui se trouvent à ses abords, d'une éventuelle mise à feu. Trois pistes DFCI protègent également ce secteur.


Risque d'incendie et obligation de débroussaillage des propriétaires de bâtiments


  Le brûlage des déchets et végétaux est autorisé du 1er octobre au 31 mai. Pendant cette période, il convient

- soit de faire une déclaration de brûlage en mairie la veille du jour prévu de brûlage, en  remplissant la fiche technique de déclaration de brûlage,

- Soit d'effectuer cette déclaration en ligne, par internet, sur le site http://www.autorisation-brulage66.com


  A cette occasion, nous rappelons pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait que tous les terrains autour des habitations doivent être obligatoirement débroussaillés dans un rayon de 50 mètres. 


  Les poursuites prévues par la loi s’échelonnent de contraventions de 4ème et 5ème classe pouvant atteindre 750€ et dans le cas de non exécution, après mise en demeure, procès-verbal avec amende, d’un montant maximum de 30€ par m² soumis à l’obligation de débroussaillement. Les actions répressives sont renforcées et étendues aux propriétaires n’ayant pas débroussaillé sur un fond voisin quand leurs obligations d’entretien (50m autour des bâtiments) vont au-delà de leur limite de propriété. 


Pourquoi est-il important de débroussailler ? 


Pour vous protéger et protéger vos biens. 

En effet : 

- l’intensité du feu diminue lorsqu’il arrive dans une zone débroussaillée, 

- les services de secours pourront intervenir plus rapidement et avec un maximum de sécurité, 

- si toutefois le feu venait à passer, passant plus vite, les dégâts occasionnés seront moins importants.


Qu’est-ce qu’un débroussaillement efficace ?


- éliminer tous les bois morts, les broussailles et les herbes sèches, 

- couper les arbres trop près des habitations et les arbustes sous les grands arbres, 

- espacer les arbres afin que les branches ne se touchent pas, 

- élaguer les branches basses jusqu’à une hauteur minimum de 2 mètres, 

- se débarrasser des végétaux coupés par broyage, par évacuation en déchetterie ou en les compostant.

En aucun cas, débroussailler ne signifie couper tous les arbres !


Pour en savoir plus cliquez sur ce lien :

http://www.prevention-incendie66.com


Interdiction de faire du feu dans le massif


Nous vous rappelons que TOUT FEU EN FORÊT EST INTERDIT (arrêté préfectoral du 18 mars 2004).


Chaque année, plusieurs centaines d’hectares de maquis, de landes, de garrigues ou de forêts sont détruits par les incendies. Outre le danger qu’ils représentent pour l’Homme, qu’ils soient habitants des massifs ou pompiers, les incendies ont un impact plus ou moins irrémédiable :

Sur les peuplements forestiers qui sont généralement détruits et mettront plusieurs décennies à retrouver leur état initial. Si toutefois les arbres restent en vie, ils sont toujours affaiblis et une attaque parasitaire (champignons, insectes) est alors très dommageable et peut entraîner leur mort.

Sur les sols qui, mis à nu, vont subir une forte érosion.

Sur la faune qui, selon les espèces sera affectée différemment ; les moins mobiles sont souvent brûlées ou asphyxiées (insectes, reptiles, batraciens), les autres, lorsqu’elles s’échappent, subiront des modifications de leur biotope.

Sur le paysage : l’incendie a un impact visuel immédiat par la disparition d’éléments structurants et des couleurs qui se réduisent à un noir quasi uniforme. L’impact est alors fonction de l’étendue et du relief.


  Sur l’ensemble du département des Pyrénées Orientales, l’emploi du feu est réglementé par le code forestier mais aussi par les arrêtés préfectoraux du 14 avril 2008 et du 17 juillet 2008.


  Les IMPRUDENCES représentent la principale cause de départ des feux. Une bonne connaissance de l’emploi du feu et une attention accrue doivent avoir un rôle déterminant dans la maîtrise du risque d’incendie. Soyez vigilants et transmettez cette information à vos enfants ainsi qu’à vos proches et amis venus en vacances et connaissant parfois mal les problèmes de sécheresse de notre département.


Pour plus d’informations : http://www.risque-incendie.com/


Plan de Prévention du Risque Incendie de Forêts (PPRif)

   En terme de risque incendie, plusieurs communes ont été identifiées comme nécessitant la création d’un PPRIF (Plan de Prévention Risque Incendie de Forêt). Il s'agit d'Oms, Llauro, Vivès et Tordères.


  Le PPRif est un document issu de la loi du 02 février 1995 (décret du 5 octobre 1995) relative au renforcement de la protection de l'environnement qui soumet tous les risques naturels à une procédure unique. Ce document prescrit et approuvé vaut servitude d’utilité publique. Il définit les mesures de prévention de protection et de sauvegarde qui doivent être prises par les collectivités publiques ou les particuliers dans les zones exposées aux incendies de forêt : art 16 loi du 2 février 1995. La loi du 30 juillet 2003 (loi risque) renforce certaines dispositions et instaure un devoir d'information préventive aux maires des communes couvertes par un PPRif (Plan de prévention de Risques incendie de forêt) approuvé. Ce document doit être annexé au PLU et lui est opposable. Il se compose d'un rapport de présentation d’un plan de zonage réglementaire et d'un règlement associé distinguant d’une part les zones directement exposées et d’autre part les zones non directement exposées à des risques. Cela se traduit par un zonage réglementaire définissant des zones rouges, des zones bleues et des zones blanches.


Circulation réglementée des véhicules à moteur dans les espaces naturels

La pratique des sports motorisés est très en vogue. La vente de 4 x 4, de quads et autres véhicules spécialement équipés pour circuler hors piste ne cesse de croître.

Or, la circulation des véhicules à moteur, en dehors des voies ouvertes à la circulation publique, cause des dommages aux milieux naturels (altération des habitats naturels), à la faune (dérangement, modification du comportement) et à la flore dont nous devons stopper la régulière dégradation. Elle est aussi source de danger (risques d’accident) et de nuisances pour d’autres catégories d’usagers (éleveurs, agriculteurs, marcheurs, cavaliers, cyclistes) et de dégradations de pistes et de chemins (érosion).  Afin de concilier protection de la nature et activités humaines, la circulation des véhicules à moteur dans les milieux naturels est réglementée depuis 1991.

 

Les textes :

- Articles L.362-1 et suivants et R.362-1 et suivants du code de l’environnement.

- Article R.331-3 du code forestier.

- Articles L.2213-2, 4, 23 et L.2215-1 et 3 du code général des collectivités territoriales.

- Plan départemental d’itinéraires de randonnées motorisées.

- Circulaire du 6 septembre 2005 relative à la circulation des quads et autres véhicules à moteur dans les espaces naturels.

 

Les principes posés par la loi :

- La circulation des véhicules à moteur n’est autorisée que sur les voies ouvertes à la circulation publique. La pratique du hors piste est donc interdite.

- Ne sont pas concernés par cette interdiction, les véhicules utilisés par des services publics, ceux utilisés à des fins d’exploitation ou d’entretien des espaces naturels ou ceux utilisés par les propriétaires ou à leurs ayants droit chez eux.

- Les motoneiges employées à des fins de loisirs ne peuvent être utilisées que sur des terrains aménagés à cet effet.

- Le maire ou le préfet peuvent interdire l’accès à certaines voies normalement ouvertes à la circulation.

- Un propriétaire peut également interdire l’accès des véhicules à moteur sur une voie dont il est propriétaire.

- L’aménagement d’un terrain spécialement dédié à la pratique des sports motorisés (cross, trials…) est soumis à autorisation.

- En forêt, la circulation et le stationnement sur les pistes forestières sont réglementés par le code forestier, la circulation en sous-bois est interdite.

- Les chemins de halage sont fermés aux véhicules à moteur.

Les contrevenants s’exposent à de lourdes amendes (1500 €) et à la mise en fourrière de leur véhicule.

 

Quelques précisions d’ordre général :

- Les voies ouvertes à la circulation sont les routes nationales, départementales, communales et les chemins ruraux.

- La présence sur une carte d’une route ou d’une piste n’implique pas qu’elle soit ouverte à la circulation des véhicules à moteur.

- Une voie privée suffisamment large et carrossable pour être fréquentée par une voiture de tourisme est présumée ouverte à la circulation des véhicules à moteur.

- Un simple sentier pédestre ou un layon forestier est interdit à la circulation des véhicules à moteur.

- Les voies affectées à la défense de la forêt contre les incendies (DFCI) sont interdites à la circulation des véhicules à moteur à l’exception de ceux utilisés par les services d’incendie et de secours.

 

Quelques règles de bonne conduite :

 

Avant le départ :

- Prendre connaissance de la réglementation auprès de la préfecture, de la direction régionale de l’environnement, des mairies, de la gendarmerie, de l’Office national des forêts ou de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage

- S’assurer que les voies que vous souhaitez emprunter sont bien ouvertes à la circulation des véhicules à moteurs

 

Sur place :

- N’emprunter que des voies ouvertes à la circulation des véhicules à moteur

- Respecter la signalisation

- Respecter l’environnement, les espaces protégés, les parcs nationaux, les réserves naturelles…

- Respecter les autres usagers de la nature (forestiers, promeneurs, cavaliers, VTT, chasseurs…)

- Circuler à une vitesse raisonnable

- Respecter la paix des troupeaux, les cultures, les plantations et les aménagements agricoles (clôtures, chemins…)


Eau

L'eau à Tordères : du forage à la station d'épuration


  Pour tout ce qui concerne l’eau potable, les lignes qui suivent sont largement inspirées d’une étude de GAEA Environnement commandée par la Communauté de Communes des Aspres et présentée en mai 2008 (consultable en Mairie), et pour ce qui concerne les eaux usées, elles sont tirées des explications données par les techniciens de la SATESE et la SAUR. Un grand merci à Alphonse Puig, responsable de l’eau à la Communauté de Communes des Aspres et maire de Sainte-Colombe, qui a maintes fois éclairé n lanterne sur ce sujet et bien d’autres.


  L’eau potable que nous consommons à Tordères est une des compétences de la Communauté de Communes qui en a confié la gestion à la compagnie fermière SAUR-France. 


  Elle provient du forage de La Clave, à Fourques, et également du forage de la Canterrane, à Terrats. Ces forages alimentent au total 14 communes dont les communes de la Chaîne de Tordères (Tordères, Llauro,  Oms, Calmeilles et, par convention, Taillet). Tordères est donc à la tête d’un réseau de 35 km de conduites amenant l’eau dans les communes des Hautes-Aspres. Notre commune est alimentée par une bâche de reprise (une sorte de château d’eau) qui alimente elle-même en cascade, de façon gravitaire ou par refoulement, les réservoirs des autres communes. Notre réseau communal présente un linéaire d’environ 4,52 km et un réseau d’adduction d’environ 4,3 km, soit un linéaire total de 8,82 km de réseau d’alimentation en eau potable.


L’eau que nous buvons est puisée dans une nappe souterraine captive datant du Pliocène (une période s'étendant de 5,3 à 1,8 millions d'années avant J.-C, marquée par l'expansion des mammifères et l'émergence du genre humain, et marquée également par l'assèchement et le refroidissement de la planète, annonçant les grandes glaciations du quaternaire), à presque 150 mètres de profondeur. Il s’agit d’une nappe de grande qualité, sans substances naturelles indésirables et sans pesticides ni substances toxiques. Elle met environ 10 000 ans à se reconstituer. Chaque goutte en est donc rare et précieuse. Hélas, depuis 1992, les diverses études montrent que cette nappe est en constante diminution. En effet, en une quinzaine d’années, son niveau a baissé de 6 mètres (aujourd’hui, la nappe ne présente plus que 9 mètres d’épaisseur contre 15 mètres en 1992). Ce constat est alarmantA ce rythme, nous mettrons rapidement en péril les générations futures et sans doute même la nôtre. 


  C’est la consommation quotidienne des habitants conjuguée aux premiers effets de la sécheresse qui sévit depuis quelques années qui est en cause. A Tordères, en 2008, les chiffres de la consommation d’eau potable (donnés par le bureau d'étude "GAEA") étaient effrayants puisque nous consommions environ 14 000 m3 d’eau par an, soit en moyenne 252 litres par jour et par habitant, alors que la moyenne nationale est d’environ 150 litres par jour et par habitant. A titre d'exemple, la consommation de Llauro s'élevait en 2008 à 215 litres par jour et par habitant, celle d'Oms à 204 litres, celle de Passa à 122 litres, celle de Fourques à 143 litres, celle de Tresserre à 172 litres, etc.


  S’ajoute  à cette surconsommation un problème de fuites, notamment celles qui ne sont pas visibles et qui touchent essentiellement les conduites en PVC, et de vols nocturnes sur les bornes incendie (une «délinquance» très particulière qui  se développe et qui devient, semble-t-il, monnaie courante dans les Aspres puisque plusieurs communes voisines ont constaté le descellement sauvage des bornes incendie où l’eau est pillée, le vol sur des potences par des camions citernes allant revendre leur larcin pour le remplissage des piscines, etc.). Par exemple, pour Tordères, en 2006, sur un volume distribué de 29 255 m3, les fuites et les vols constituaient à eux seuls 14 629 m3 d’eau perdue sur l’année, soit l’équivalent de l’eau que nous avons consommée! Les autres communes rencontrent également ces problèmes de « pertes » mais de façon décuplée.


  On retrouve bien évidemment ce problème de surconsommation à l’autre bout de la chaîne de l’eau, dans notre station d’épuration qui malgré ses capacités ne parvient plus à absorber correctement le flux des eaux usées tant elles se sont multipliées au cours de ces dernières années. 


  La SAUR, qui d’ordinaire doit intervenir sur une station deux à trois fois par an (en pompant le surplus et en nettoyant l’excès de boues et de matières), intervient ces temps-ci une fois par mois, voire même en période estivale, une fois tous les quinze jours.


  Il y a une telle abondance d’eaux usées que les bacs de décantation ne parviennent pas toujours à être opérants. En temps normal, il faut 48 heures pour que les matières les plus lourdes se déposent au fond de ces bacs, or il y a un tel flux que les eaux usées n’y restent pas plus de 24 heures, sans laisser le temps aux matières les plus lourdes de se poser. Elles vont donc se déverser dans la cuve, qui n’est censée accueillir que de l’eau, et l’obstruent fréquemment (se surajoutent à cela le fait que certains habitants jettent encore dans leurs toilettes des objets posant problème, telles que des serviettes et des tampons hygiéniques, ou des préservatifs qui, se prenant dans les rouages, nuisent au fonctionnement de la station).


  Enfin, on trouve également une surabondance de graisse dans nos eaux usées, avec la formation de pelotes de graisse très néfastes au bon fonctionnement de la station.


  La Communauté de Communes des Aspres a entamé une large réflexion au sujet de l'eau. Elle a d'ores et déjà budgétisé les travaux à effectuer dans un proche avenir pour diminuer les fuites et améliorer le rendement de notre station d’épuration, et réfléchit aux moyens pour lutter contre le vol d’eau potable.


  Tout ceci n'est pas écrit dans le but de culpabiliser les habitants mais pour que, ensemble, nous  prenions un peu plus soin de ce bien précieux qu’est l’eau et pour que dorénavant nous nous efforcions de ne plus en perdre une goutte.


Erosion et rivières


  Les sols de Tordères sont secs, caractéristiques d'une région méditerranéenne. Les fortes pluies qui s'abattent sur les sommets du Canigou prennent toute leur ampleur en ruisselant sur un couvert forestier peu serré et sur les schistes, des sols à faible rétention. Ces eaux ravinent les matériaux détritiques créant ainsi des ravins («barrancs» ou «correcs» en Catalan), très nombreux sur le territoire de la commune.

Exemple d'érosion dans la partie basse de la rivière de Tordères (dite également "La Tordera")

  Les «barrancs» ou «correcs» sont le plus souvent à sec et les berges attaquées par l'érosion. 

La rivière de Tordères (dite aussi "Tordera"), parties basse (aux abords des vignes) et haute (dans la suberaie)



Localisation des centrales nucléaires les plus proches de Tordères


  Depuis près de cinquante ans, tout près de Narbonne, à Malvesi (à moins de cent kilomètres de Tordères), on trouve une usine de raffinage et de conversion d’uranium d’une étendue d’environ cent hectares, soumise à la directive Seveso 2 sur les établissements à risques et ayant déjà fait l’objet d’au moins six incidents graves depuis 1979. Compte tenu de l’activité massique et de la radiotoxicité des substances présentes, la CRIIRAD bataille actuellement pour faire classer le site en Installation Nucléaire de Base (http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/comurhex/rapportcomurhex_criirad_4.pdf).


  Plus loin, à 270 km de notre petit village, en Catalogne sud, dans les environs de Tarragona, on trouve également deux centrales nucléaires d’importance, Asco et Vandellos II (puisque Vandellos I est en phase de démantèlement suite au gigantesque incendie qui l’a ravagée en 1989), toutes deux ont été marquées par de nombreux incidents (notamment des fuites à répétition : http://bmailhe.blogspot.com/2008/04/fuite-radioactive-dans-la-centrale-asco.html).


  En fonction de l’importance d’un éventuel et hypothétique accident, nous pourrions donc fort bien être amenés à suivre les consignes de protection de mise en cas de crise. En voici un bref aperçu que nul ne devrait ignorer et que peu d’entre nous connaissent pourtant :


CONSIGNES EN CAS D’ACCIDENT NUCLEAIRE 


Signal d’alerte : En cas d’accident industriel ou nucléaire, la population est alertée par un signal précis : une sirène au son modulé (montant et descendant). Ce signal dure trois fois une minute. Dès l’audition de ce signal, la population doit suivre scrupuleusement les consignes suivantes :


se mettre à l’abri dans un local


Si vous êtes chez vous, à votre travail ou dans un bâtiment public :

Restez où vous êtes. Ne partez pas en voiture, vous seriez en danger sur la route et risqueriez de gêner la circulation des véhicules de secours.


Si vous êtes dehors :

Entrez dans le bâtiment le plus proche. Ne restez pas dehors, vous y êtes plus exposés aux dangers éventuels.


Si vous êtes en voiture :

Garez-vous, arrêtez votre moteur et entrez dans le bâtiment le plus proche. Vous n’êtes pas en sécurité dans votre véhicule.


- fermer tout

Un local clos ralentit la pénétration éventuelle de gaz toxique ou de produits radioactifs. Fermez les portes et les fenêtres. Arrêtez et bouchez les ventilations. Dans le cas où certaines de vos vitres auraient été cassées pendant l’accident, réfugiez-vous dans une pièce aux fenêtres intactes (ou sans fenêtre).


- écouter la radio (France Inter, Radio France) : Toutes les précisions sur la nature du danger, l’évolution de la situation et les consignes de sécurité à respecter vous seront données par la radio.


- ne pas aller chercher vos enfants à l’école

Vos enfants sont plus en sécurité à l’école que dans la rue. Les enseignants connaissent les consignes. Ils s’occupent de vos enfants, les mettent en sécurité et les rassurent. De plus, en vous déplaçant, vous risqueriez de vous mettre inutilement en danger et de gêner les secours.


- ne pas téléphoner

Les lignes téléphoniques doivent rester libres pour les urgences et les secours. Les informations vous seront données par la radio.


- ne pas fumer, éviter toute flamme ou étincelle

Evitez d’allumer ou d’éteindre la lumière ou tout appareil électrique. Toute flamme ou étincelle pourrait provoquer une explosion.

Des instructions complémentaires vous seront données par la radio. En fonction de l’événement et sur instruction des autorités, vous pourrez être amenés à prendre un comprimé d’iode et/ou à être évacués.


Signal de fin d’alerte

La fin de l’alerte est annoncée par un signal continu (non modulé) durant 30 secondes. Ce signal signifie que le danger est passé et que le respect des consignes de sécurité n’est plus nécessaire.